Téléphonie

La technologie digitale au service de l’humanitaire ?

Elsa Mokrane

Publié le 25 novembre 2017 à 11h00

Si des mouvements comme #iPhoneRevolt  ont mis l'accent sur les conséquences sociales et écologiques des innovations promues par Apple entre autres, parfois la technologie digitale est un outil au service de causes des droits humains. La technologie digitale est utile grâce à la mise en réseau et la géolocalisation qu'elle permet. Des outils qui peuvent  donner une résonance humanitaire à l'innovation. Ainsi au delà des seuls objectifs économiques, de dimensions sociales et équitables sont de plus en plus prises en compte. Une nouvelle vision, éthique et collaborative, de l'usage du mobile semble alors émerger.

Un sommet pour fédérer les innovations digitales autour de thématiques humanitaires

Techfugees a pour objectif de fédérer les acteurs de la Tech pour trouver des solutions innovantes au problème humanitaire des migrations par exemple.

Fin octobre a par exemple eu lieu le sommet Techfugees. De quoi s'agit-il ? Un sommet pour mettre la technologie au service des réfugiés. L'idée phare est de permettre l'inclusion des réfugiés via les nouvelles technologies.

Agir pour éviter les fraudes perpétrées par les passeurs, mais aussi proposer une mise en lien permise par les technologies mobiles digitales, sont au coeur du dispositif. Faire rimer innovation et humanitaire est donc l'un des objectifs, en chantier encore. L'objectif de ce sommet, créer une synergie entre les partenaires institutionnels, associatifs, et privés pour améliorer les recherches dans le domaine. C'est donc à l'échelle des concepteurs d'applications, des acteurs de la Tech, que se situe la prise de conscience. Cette dernière a donc eu lieu de ce coté là mais pas seulement.

Les applications et programmes qui bénéficient des outils de géolocalisation et de mise en réseau sont particulièrement utiles pour envisager des solutions. Notamment dans le cas de crises humanitaires telles que celle des réfugiés. Un paramètre que Transfugees souhaite d'ailleurs mettre au maximum en pratique. Une possibilité aussi exploitée par l'une des agences des Nations Unies qui s'occupe du sort des migrants.

L'implication des forces institutionnelles

C'est aussi à un niveau plus institutionnel et organisé que se manifeste le besoin d'intégrer la technologie. Portant des objectifs solutionnant, en partie, des crises humanitaires. En dépit de la polémique au sujet de la menace des droits humains que constitue l'extraction de coltan nécessaire à la construction des smartphones, ces derniers sont aussi des interfaces à même d'apporter de fournir un appui ponctuel.

MigApp, l'application pour aider les migrants dans leur trajet, mise en place par l'agence des Nations Unies spécialisées sur les migrations.

Les Nations Unies qui ont bien compris l'ampleur des potentialités du champ des applications pour smartphones. L'agence des Nations Unies qui s'occupe des migrations, UN Migration Agency, a donc mis en place un programme adapté sur mobile. Au delà du partage d'histoires, le réseau social permet de prodiguer à ceux qui le sollicitent des informations utiles. Localisation de centres d'aides, informations actualisées rapidement, les avantages de la connectivité sont donc exploités.

Vers une prise de conscience des constructeurs ?

Enfin, certains constructeurs commencent à envisager la possibilité de fabriquer des smartphones “équitables”. C'est le Monde Diplomatique qui abordait ce sujet en en mars dernier. Une possibilité non négligeable pour les smartphones de demain. Une manière d'impliquer la responsabilité sociale à tous les niveaux. Incluant le fabriquant, puis le consommateur, et rejoindre la dynamique des concepteurs d'application comme Techfugees.