Orange face à la justice : l’opérateur devrait débourser jusqu’à 2 milliards d’euros de dommages et intérêts

Publié le 17 mars 2020 à 10h21

Bruno D.

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Une affaire de partie civile contre un grand groupe qui aura traîné en longueur. Le plan NexT, initié par France Telecom en 2004, a eu des conséquences néfastes entre 2007 et 2008. Orange, évolution de France Telecom, doit désormais payer les pots cassés et réparer ces erreurs.

Plan NexT : ou comment France Telecom / Orange a agi agressivement contre ses salariés

Afin de redresser la barre financière de l'entreprise au début des années 2000, France Telecom développe le plan NexT. Le principe de cette manœuvre : former des cadres et chefs de secteur à la démotivation des salariés, pour les faire quitter la société. Ainsi, pas besoin pour le grand groupe de payer des indemnités, face à des démissions volontaires.

La méthode de ce procédé était somme toute assez simple. Les employés se voyaient transférés, mutés dans d'autres secteurs, en subissant des pressions psychologiques énormes. Le plan NexT a fini par porter ses fruits et les démissions ont commencé. Une vague de suicides de salariés sous pression a cependant commencé à attirer l'attention du grand public. La lutte a alors commencé.

La justice condamne Orange après dix années d'attente

C'est en cette fin de mois de décembre 2019 que la justice a enfin rendu son verdict. Le harcèlement moral institutionnel exercé par France Télécom a été reconnu. Le tribunal correctionnel de Paris a ainsi établi un compte-rendu de 345 pages appelant tout salarié France Télécom de la période 2007-2008 à agir contre Orange.

Le harcèlement qu'ont subi les salariés de France Télécom est enfin compensé par Orange.

L'ancienne enseigne d'Orange n'a pas la côte auprès de ses anciens employés

Au total, plus de 130 000 anciens employés et salariés encore en activité ont donc la possibilité de se retourner contre l'entreprise. Si chaque membre du personnel reçoit la somme de dédommagement prévue, allant de 10 000 à 45 000€ selon les cas, la note pourrait vite être élevée pour Orange. L'opérateur téléphonique devrait en effet sortir de son portefeuille plus de deux milliards d'euros.

À la suite de ce jugement, Orange n'a pas souhaité faire appel ni prolonger le jugement. L'entreprise veut redorer un peu son blason et agir désormais pour le mieux auprès de ses employés. Négocier longuement et retarder la décision finale ne sert donc à rien.

L'heure de payer a sonné : Orange s'incline devant les salariés

Pour l'instant, seules trente-neuf victimes des abus de France Télécom ont témoigné et sont retenues dans le procès. Plus d'une centaine de salariés souhaitent, d'après les syndicats, se rajouter également du côté des plaignants. Ce chiffre devrait augmenter au fur et à mesure que l'affaire se concrétise.

Dommages et intérêts seront versés par Orange aux salariés harcelés de France Télécom.

De nombreux employés sous pressions partent en dépression. Chez France Télécom, la chose était malheureusement répandue

Le “harcèlement moral institutionnel” dont a fait preuve France Télécom a désormais de lourdes conséquences. Si Orange a mis en place une commission de réparation pour déterminer les plaintes justifiées et nécessitant compensation, l'opérateur de télécommunications français risque tout de même de mettre une sacrée somme entre les mains des victimes en guise de bonne foi. De quoi équilibrer un peu l'équation après les agissements douteux et néfastes de l'entreprise il y a plus de dix ans.

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Bruno Defrance

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